Le Blog des Parents : mon enfant, mon miroir

Dernière mise à jour : 14 févr. 2021


La parentalité et ses émotions


La parentalité, c’est tout un programme ! Mais au fait ... ça commence quand ??


Et bien elle ne commence pas à la naissance...ni même pendant la grossesse … la parentalité, c'est-à -dire l'interaction entre un parent et son enfant, commence dès le désir d’enfant, dès le moment où l’idée d’avoir un bébé germe dans l’esprit du parent. Elle va perdurer tout au long de la vie de l’enfant.



Et d'ailleurs, qui prend le temps de se poser la question : “Pourquoi” ?

Pourquoi j’ai envie de devenir maman / papa ?

Pourquoi c’est important dans ma vie ?


Être parent c’est accompagner notre progéniture dans toutes les étapes de sa vie : les premiers mois, l’apprentissage du sommeil, la mise en place des rythmes de vie, l’entrée chez la nounou, à la crèche, à l’école et toutes les autres …


Mais être parent ne consiste pas seulement à cela.


Mon enfant...miroir de mes émotions


Devenir parent peut être aussi la porte d’entrée, parfois douloureuse, des “réveils émotionnels”.


Les étapes de la vie de notre enfant et ceci dès le désir de son arrivée vont venir chambouler nos émotions.


Elles vont venir raviver en nous des étapes de notre propre vie et les émotions associées. Celles dont on se rappelle consciemment mais également celles enfouies au plus profond de nous.


C’est pourquoi ces différentes étapes de la vie de notre enfant qui sont pourtant parfaitement normales (il peine à s’endormir ou rechigne devant son assiette, les moments où on le laisse à la nounou, les moments d’opposition et bien d’autres) vont venir nous faire réagir de façon disproportionnée ou inadaptée.


On s’énerve, on s’angoisse, on s’emporte et après quelques minutes, parfois longues, on se rend compte que notre réaction était disproportionnée. C’est à ce moment-là, que l’on a l’impression de perdre le contrôle, d’être déconnecté de notre raisonnement.


On se sent souvent dépassé par ce genre d’événements. Quand ils se répètent régulièrement, ils peuvent nous plonger dans des états émotionnels compliqués, voire nous couper de la réalité et nous donner à voir une réalité bien différente qu’elle ne l’est normalement.


Nos enfants sont de parfaits miroirs de notre passé et de nos émotions.


"Les enfants sont de vraies éponges"


Ce que l’on veut dire par là c’est qu’ils captent toutes les émotions, les ressentis de leur entourage. Ils savent aussi sentir les blessures plus ou moins profondes enfouies au fond de nous qui auraient besoin d’être apaisées. C’est pourquoi, leurs comportements vont venir inconsciemment appuyer sur ces blessures et nous faire sortir de nos gonds.


Ceci rend parfois la parentalité un peu compliquée et bouleversante.


Alors, pour ne pas tomber dans une spirale infernale, il est important de prendre le plus de recul possible.


Déplacer les projecteurs


Dans ces moments difficiles déclenchés par le comportement de nos enfants, on oriente souvent la lumière sur eux et l'on se fixe sur leurs difficultés : pourquoi il ne dort pas, ou ne mange pas, pourquoi il fait ces crises de colère etc…


Mais il est important dans ces moments-là d’orienter les projecteurs dans une autre direction et de voir les choses différemment.


Devenir parent fait ressortir en nous beaucoup de questions et d’émotions.


Il n’est pas toujours facile de savoir comment les gérer. La première étape est déjà de se rendre compte de ce que cela nous renvoie et nous fait ressentir.


C’est le moment de se poser certaines questions, de laisser notre petit miroir de côté et de s’arrêter quelque temps sur ce qui se passe en nous lorsque l’on voit notre enfant avoir tel ou tel comportement.


Retour en arrière pour mieux avancer


La parentalité, c’est aussi se poser ces questions. C’est revenir sur une branche de notre histoire que l’on croit classée, que l’on croit passée mais qui est en réalité réactivée car pas totalement apaisée.


Alors oui, c’est parfois décourageant, déstabilisant. Prendre conscience de nos blessures et aller revisiter notre passé demande beaucoup d’énergie.

Mais n’est-ce pas plus fatiguant de se “battre” pour qu’il dorme, qu’il mange, qu’il écoute, qu’il soit calme, qu’il respecte etc … Est-ce que ça ne “vaut pas le coup” d’oser reconquérir notre passé pour gagner en sérénité dans notre présent ?


Il est urgent d’attendre


Ces remontées émotionnelles et ces liens avec notre passé d’enfant vont débuter dès le moment où l’envie d’avoir un bébé arrive. Cela peut prendre différentes formes :

  • Désir parfois très précoce et/ou très présent chez la future maman

  • Difficulté à se projeter dans la paternité pour le papa

  • Désir que ce soit un garçon ou au contraire une fille

  • Idées très précises sur ce qu’on voudra être/faire avec notre enfant : être très présent, mettre beaucoup de limites …

C’est également à ce moment-là que l’on peut avoir ce genre de pensées :

  • J’ai toujours voulu un garçon en premier

  • Je veux être maman depuis que je suis toute petite

  • Quand je serai père, je veux être l’inverse/comme mes parents …

Pourquoi ces désirs, pensées, idées sont-ils présents? Dans quelle mesure cela peut-il avoir une incidence sur notre enfant et notre façon d’être parent ?


Les émotions, les pensées et sentiments qui nous habitent sont perçus par les petites éponges que sont nos enfants et ça dès le moment de leur conception.


Ils vont les percevoir et les intégrer comme une “attente”, “une mission” que l’on espère d’eux et le comportement qui va avec.


Un enfant qui va sentir beaucoup d’attentes de la part d’un ou de ses parents quant à son arrivée peut développer une certaine “pression”, une croyance qu’il doit répondre à une certaine exigence. Il peut par conséquent éprouver un sentiment d’échec lorsqu’il ne réussit pas quelque chose ou qu’il n’est pas le premier dans ce qu’il entreprend.


Evidemment, cela ne veut pas dire que ce n’est pas une bonne chose d’avoir envie de devenir parent.

L’important lorsqu’on souhaite avoir un enfant, c’est de prendre le temps de réfléchir à cette envie et de se poser les bonnes questions pour mettre des mots sur ce que l’on ressent, sur nos difficultés. s’arrêter sur ce moment-là, prendre le temps de se poser ces questions et de poser des mots dessus.


Mettre des mots


Prendre du temps pour mettre des mots sur notre volonté de devenir parent va nous permettre de nous fixer sur notre ressenti et de prendre conscience de ce qui se passe en nous. Cela va avoir plus d'un bénéfice.


En effet, cela va nous permettre de prendre conscience de nos blessures, du blocage lié à certaines croyances en rapport avec notre propre histoire d'enfant qui viennent être réactivées lorsque l'on s'apprête à devenir parent.

Ces blessures non traitées et non apaisées sont comme des dossiers non classés, comme des boulets que l'on traîne d'années en années qui viennent chambouler les différents domaines de notre vie : travail, vie amoureuse, vie familiale et évidemment notre vie de parent.


Analyser ces problématiques de plus près en comprenant quels impacts elles peuvent avoir sur notre vie va permettre, par différentes méthodes d'accompagnement, de les classer une bonne fois pour toutes. Ces émotions envahissantes ont pour objectif de nous aider à régler ces différentes problématiques.


Comme expliqué précédemment, les petites éponges que sont nos enfants ressentent ces blessures et ont pour mission inconsciente de nous en faire prendre conscience. La solution pour que nos enfants ne soient plus chargés de ces missions est de les en alléger. Lorsque nous prenons conscience de nos blessures et nos attentes, la mission est automatiquement annulée.


Afin que nos enfants puissent pleinement le sentir, il est important de pouvoir leur verbaliser auprès d’eux, de leur expliquer ce que l'on a compris de notre histoire, à travers leurs comportements, leur présence et notre désir d’enfant. Il est important de leur dire que les émotions provoquées en nous dans ces moments sont liées à NOTRE histoire d'enfant et pas à leur présence ou leur comportement.


Un petit coup de pouce


Nous ne sommes pas habitués à nous poser ces questions et orienter les projecteurs de cette manière.


Les professionnels de la parentalité et des émotions sont là pour ça. Sophrologues, thérapeutes et d'autres ont ce rôle d'accompagnement, pour vous apporter le petit coup de pouce dont on a parfois besoin pour continuer d'avancer sereinement, nous et nos enfants.


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